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L’ABEILLE ET SON ENVIRONNEMENT

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Vous trouverez ci-dessous un article de Mr Gilles Fert paru dans le journal La Croix le 14 septembre 2009 dans lequel il évoque son passé et ses activités cet entretien est toujours d’actualité en 2015.

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rofession, faiseur de reines

 

Le déclin mondial des abeilles est au cœur du colloque international Apimondia qui ouvre lundi 14 septembre ses portes à Montpellier et se tient jusqu’au 20 septembre. Pour limiter la mortalité et redynamiser des ruches affaiblies, l’apiculture s’est lancée dans la course à l’élevage de reines

Un vol d’essaim dans la nature ? « C’était du temps de l’apiculture de grand-papa… », soupire Gilles Fert. À 50 ans, Gilles Fert incarne une nouvelle espèce d’apiculteurs professionnels. Il est producteur de reines. Et pour augmenter la probabilité que des reines voient le jour, il s’est installé à Argagnon près d’Orthez dans les Pyrénées- Atlantiques, « là où les pollens restent abondants et où l’absence de vent est propice à la bonne réalisation des vols nuptiaux ».

Tout débute à l’adolescence, lorsque le jeune Gilles exhume en Normandie de vieilles ruches du grenier de son oncle. « On a récupéré un essaim installé dans un tronc d’arbres à côté d’un stade de foot. Les abeilles gênaient les joueurs. À l’époque, il y avait plein d’essaims dans la nature. On pratiquait une apiculture de cueillette », se souvient-il.

Des ruches en pleine forme s’échappait régulièrement un essaim : la vieille reine escortée de quelques milliers d’ouvrières quittait alors la colonie devenue trop nombreuse. De nouvelles colonies naissaient ainsi par scission naturelle. À l’apiculteur de laisser agir la nature et d’être là au bon moment pour capturer l’essaim et l’installer dans une nouvelle ruche. 

"On change de reine comme on change de moteur"

Aujourd’hui, le paysage a radicalement changé. Le monde entier assiste à la disparition des abeilles. Dans un environnement devenu hostile aux pollinisateurs, le maintien des cheptels demande une haute technicité. La reine meurt ou s’affaiblit avant même d’avoir essaimé. « Il y a dix ou quinze ans, une reine vivait quatre à cinq ans. Aujourd’hui pas plus de dix-huit mois à deux ans. Alors on change de reine comme on change le moteur d’une voiture pour redonner de la vitalité à la ruche », explique Gilles Fert, qui vend ses reines à des apiculteurs impuissants devant l’effondrement de leurs colonies.

« On n’en a pas la certitude, poursuit-il, mais la baisse de la fertilité des mâles en raison de l’accumulation de molécules chimiques dans l’environnement pourrait expliquer cette baisse de l’espérance de vie. » Les reines fécondées lors du vol nuptial par plusieurs mâles étrangers à la colonie – jusqu’à 20 mâles différents, ont compté les scientifiques – auraient alors une spermathèque moins fournie. Or, dès qu’elle a épuisé sa réserve de sperme, la reine ne pond plus et compromet la vitalité de la ruche, sauf si cette dernière peut se mettre en ordre de marche pour élever une nouvelle reine.

« En raison des pathologies du couvain (NDLR : les œufs et les larves), la reine est aussi amenée à pondre plus d’œufs pour compenser la mortalité », ajoute Michel Bocquet de l’Association nationale des éleveurs de reines et des centres d’élevage apicoles (Anercea). « Et, poursuit-il, la raréfaction du pollen de qualité dans la nature affecte la qualité protéinique de la gelée royale dont elle est nourrie afin de pondre jusqu’à 2.000 ou 3.000 œufs par jour. » La reine sursollicitée paie ce surinves tissement par une espérance de vie écourtée. 

L’apiculture est devenue une discipline technique

En raison de l’affaiblissement des abeilles exposées à la pollution chimique, assaillies par des virus et champignons et sous-alimentées à cause de la disparition des fleurs dans les campagnes, il revient de plus en plus souvent à l’apiculteur de fournir la reine, pièce maîtresse dans l’organisation de la colonie, soit en l’achetant à un producteur de reines, soit en dédiant lui-même une partie de ses ruches à la reproduction des reines et non plus à la production de miel. «C’est un vrai souci : on a de moins en moins d’abeilles et on doit en prélever de plus en plus pour l’élevage des reines», déplore Michel Bocquet.

L’apiculture, jadis empirique, est devenue une discipline technique enseignée dans les lycées agricoles. L’Anercea rassemble quelque 200 producteurs dont une quarantaine de professionnels qui produisent à eux seuls environ 30.000 reines par an. Sans compter l’autoproduction des apiculteurs et l’importation de milliers de reines pour satisfaire des besoins toujours en hausse. Le phénomène est mondial. « Le recours à l’élevage est devenu incontournable », reconnaît Gilles Fert. Partout la demande de reines explose pour repeupler les colonies sur le déclin.

Le premier symposium international sur l’élevage de reines a été organisé en 2006 en Bulgarie. Il a lieu depuis lors tous les deux ans, en alternance avec Apimondia. Et le colloque Apimondia qui se tient cette semaine à Montpellier consacre une journée aux épineuses questions de l’élevage : baisse de la longévité des reines, baisse de la fertilité des mâles, disparition des lieux de rassemblement, là où la reine et les mâles de différentes colonies se retrouvent pour l’accouplement, etc.

En pionnier, Gilles Fert a séjourné un an en Australie en 1983 pour se former. « Ce pays a une tradition d’élevage, car, faute d’espèce locale, il a développé son apiculture à partir de l’abeille domestique européenne qui a toujours eu des difficultés à se reproduire naturellement », explique-t-il. Il a ensuite fait un tour du monde de l’apiculture, avant finalement de s’installer il y a vingt ans dans ce petit coin du Béarn où il produit jusqu’à 6.000 reines par an pour les vendre au stade de cellule royale, de reine vierge ou de reine fécondée. 

Une reine ne peut survivre seule

Les insectes sont expédiés en France et en Espagne. « La reine peut voyager trois ou quatre jours dans une petite boîte avec de la nourriture et entourée de plusieurs accompagnatrices. Il faut toujours des ouvrières pour s’occuper de la reine, un individu seul ne peut pas survivre. » Il expédie même du sperme vers plusieurs pays d’Amérique du Sud. « L’importation d’abeilles y est interdite, pour ne pas véhiculer de maladies », précise-t il.

Car l’apiculteur produit aussi quelques souches particulières par insémination artificielle, des « étalons» dont la descendance sera particulièrement apte à la production de gelée royale. Cette gelée royale que les abeilles sécrètent en mangeant du pollen et à laquelle on prête tant de vertus. Il faut dire que les ouvrières n’en sont nourries que vingt-quatre heures à l’état de larves et resteront ainsi des femelles atrophiées.

Il suffit à la larve d’être nourrie quatre jours supplémentaires à la gelée royale, dans une cellule plus grande, pour qu’elle devienne en seize jours la reine de la ruche, alors qu’il faut vingt et un jours à une ouvrière pour devenir adulte ! Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Gilles Fert a 400 ruches, dont 200 sont totalement dédiées à la production d’abeilles.

Des ruches qu’il promène jusque dans les Pyrénées et la forêt landaise pour obtenir les meilleures miellées et ainsi multiplier les colonies. « Une ruche pèse cinq kilos d’abeilles, soit environ 50.000 abeilles. Il faut que je puisse en prélever un kilo chaque mois au printemps. » Ce kilo, soit 10.000 abeilles, est dédié à l’élevage d’une reine. « On met une larve dans une cellule royale pour inciter les ouvrières à la nourrir à la gelée royale. Je dois arriver à produire 30 reines par ruche au lieu d’une seule. » Rançon de l’élevage, Gilles Fert ne produit que quelques modestes pots de miel.

LE GDSA 64

Site du GDSA des Pyrénées Atlantiques

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